JOURNAL CARABIN

mes études de médecine

09 janvier 2008

au commencement il y avait...

Mais comment a bien pu me venir cette idée folle de faire médecine? Pourquoi les milliers de p1 sont ils en train de se battre pour devenir médecin? Comment leur est venue cette idée saugrenue?

"Ah tu veux faire médecine? Bah c'est très dur ça comme études. Moi c'est un truc que j'aurais jamais pu faire, voir des gens malades toute la journée, des morts pfff , c'est pas pour moi. En plus les études sont interminables non? Bien je te souhaite bien du courage. " Ca c'est le genre de discours très régulier qui motive grandement une vocation!

Non mais sérieusement, chacun en arrivant un p1 à sa propre motivation, parents médecins, prestige du métier, compte en banque, amour des sciences, humanité, peu importe mais mieux vaut qu'elle soit  bien solide!! Car elle va être mise à rude épreuve!!

En ce qui me concerne cela faisait bien longtemps que cette idée me trottait dans la tête! Je crois même que quand on me demandait petite ce que je voulais faire quand je serais grande, je répondais puéricultrice, puis mes parents m'avaient suggéré "pédiatre?" donc à l'heure du jeu de rôle avec mes copines maîtresse, coiffeuses ou chanteuses, moi je guérissais.

Ma culture télévisée y est aussi peut être un peu pour quelque chose! Et non ce n'est pas urgence ou grey's anatomy qui a réveillé en moi le profond désir de blouse blanche, moi le mercredi, je me souviens j'étais plutôt fan des maternelles.

Je m'étais même fabriquée un cabinet-hôpital dans ma chambre, je recyclais les aspégic avec du sucre!

Alors était-ce une vacation? une idée tenace? Une inspiration initiée par ma tante elle même médecin? les fréquentations régulières de l'hôpital pour des multiples petits aléas et les nombreuses heures passer dans la salle d'attente des urgences pédiatriques du CHU, à regarder cette fourmilière ne cesser de s'activer? Surement un peu de tout!

Ce n'est pas pour autant que mon parcours scolaire fut tracé d'avance!! En 5ème je crois apres être allée au cinéma me vient l'idée miraculeusement absurde de devenir actrice. Quelle ado n'y a jamais songé? Jusque là rien d'extraordinaire mais l'idée a pourtant fait du chemin. J'ai ensuite voulu devenir rélaisatrice comprenant que mes ""talents "seraient déjà mieux acceptés derrière la caméra. J'aimais écrire, et l'on m'y encourageait. On me disait plutôt littéraire. Et aussi étonnant que cela puisse être mes parents, pourtant assez conformistes et impliqués en ce qui concernait mon parcourt scolaire m'ont soutenu dans ce projet fou qui en effet n'allait pas aller très loin. Je fis tout de même une première ES toujours convaincue que l'audio visuel était ma voie. Et surtout je l'avoue parce que je n'aimais pas les maths!! Je ne regrette pas du tout ce choix!! c'est vrai que maintenant que je l'ai eu (ce foutu concours) c'est facile. Mais sincèrement je crois que ça m'aurait définitivement dégouté des sciences et je n'aurais plus eu le courage, une fois le bac en poche de faire médecine! mais c'est très personnel, je ne conseil évidemment à personne de ne prendre le risque!! (avec des si...)

C'est au moi de décembre de première que ressurgit cette idée de faire médecine. Elle étonna beaucoup mes proches, qui c'étaient très bien habitués à me voir dans ce que je fesais et qui me pensais beaucoup plus littéraire que scientifique ( Je suis un mixe des 2??)

Enfin je les remercie aujourd'hui de m'avoir, quoi que j'eu finalement décidé, soutenu dans mes changements d'humeurs (ou un peu plus que ça finalement!)

Ne voulant pas redoubler (pas très patiente comme fille!!)je décidais d'aller jusqu'au bout de mon bac ES

Je tenterais médecine avec un bac ES, il me faudrait surement deux ans, mais autant que ce soit avec la carte étudiant!!!

Voilà comment au grand étonnement de beaucoup de monde je me suis retrouvée en septembre 2006 en première année de médecine, mon bac ES bien en poche qui n'allait pas me soutenir énormément. ( mais il a eu bon dos! "oui mais j'ai fait ES aussi c'est normal que je ne sois pas au top" :bouh la sale excuse!) enfin après tout il m'a peut être aussi rendu plus forte. Au commencement, il y a des centaines de voies, qu'elle que soit cette que vous prenez, forcez le destin faites en sorte que vous ayez pris la bonne!

Posté par fanny_ol à 22:19 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


13 janvier 2008

le P1

Ah la P1.

J'avais envie 6 mois après de revenir, avec un peu de recule, sur cette année.

Si je devais en parler aujourd'hui, je ne la raconterais surement pas comme si je l'avais fait à ce moment la!

Car la P1, ce n'est pas seulement la première d'une longue série d'années d'étude de médecine, c'est un véritable état d'esprit, un mode de vie, qui mérite que l'on y consacre quelques articles. Je ne veux surtout pas décourager les futurs P1 qui me liront peut être, ni juger ceux qui y sont maintenant!  Chacun vie cette année à sa façon

Voilà la mienne j'espère qu'elle montrera au contraire qu'il ne faut jamais se décourager trop tôt!

Je ressors le cahier dans lequel j'avais déposé certaines de mes pensées à la fin de l'année dernière:

Fin août 2006:

Après un été grandement bienfaiteur (1er commandement du p1 profite de l'été de terminal le prochain est très très loin!!), mais aussi très long. Je commençais l'année avec le pré rentré de Galien, la boîte privée dans laquelle j'allais tout au long de l'année faire des colles, contrôles qui cette année là seraient la seule façon de savoir à peu près ou j'en étais. (Système tout à fait contestable qui mériterait même peut être un article....) Ces quelques journées me permirent, plus que de prendre une véritable avance sur les autres, (tout le problème de la P1)de faire connaissance avec quelques autres étudiants qui s'embarquaient dans la même galère que moi. Plus motivée que jamais, préparée comme il m'avait semblé le mieux possible (des centaines de pages de blog, de guide du p1...), j'allais enfin devenir "étudiante en médecine (enfin presque). J'abordais l'année avec le plus de sérénité possible!

Octobre

Pas de vacances à la Toussaint pour cette année qui promettait d'être longue. Premiers résultats à Galien plutôt encourageants, au prix de longues semaines de travail (mais encore pleine de l'énergie de l'été), de restrictions de sorties qui me fit perdre (avec d'autres raisons surement) Thomas (mon copain) pour un moment. C'est ce qui va marquer pour moi, le début des désillusions, de la déprime, et de longue série de sanglots!

Ah les larmes!(2e commandement du p1) Qui n'a pas un jour littéralement explosé pendant sa P1! Futurs carabins ne vous inquiétez pas je n'avais jamais autant pleurée de toute ma vie, qu’en cette seule année de P1 et je ne suis pas la seule!!(Les nerfs, la moindre déception, l'inquiétude, un simple "ça va?"). A la fin, je me souviens même avoir laissé couler les gouttelettes tout en continuant à travailler (3e commandement: ne pas perdre de temps)

Décembre

Les "vacances de Noël" ou l'enfer des révisions

On ne peut pas dire que la période pré-concours du 1er semestre soit le début des révisons, l'année de p1 est une année entière de bachotage (4ème commandement), mais l'arrêt des cours marque le début de révisions intensives. Revoir tout le programme en 2 semaines, un exploit!!

Première semaine assez rassurante chez mes grands parents, changement de bureau, changement de vie!!Deuxième semaine digne du pire à Nantes, premier de l'an le plus terrible, que j'espère ne jamais passer. (Thomas, la campagne, les autres...) une semaine au lit, sans manger, sans dormir, pour ne pas s'en remettre, avec au bout le premier concours.

Janvier 4 jours de Vacances

Comment profiter quand on va mal? Faire des bêtises, se consoler comme on peut, partir, se venger, faire mal, se faire mal, na pas en parler, oublier, ne pas dormir.

Février

J'aborde le 2éme semestre plus crevée que jamais, plus seule, plus démotivée aussi. Je vais tout arrêter ça ne me plait pas, ça ne me plait plus, je ne suis pas faites pour ça!

Thomas refait surface au moment ou enfin, j'arrive à ne plus y croire.Ca ne me remotive pas pour autant, au contraire! Je ne veux pas risquer de le reperdre. Des choix des sacrifices? C'est de mon avenir qu'il s'agit. Je suis totalement perdue, je repense au cinéma, je regarde les autres filières. J'arrète, c'était de la folie. Je refais le chemin qui, m'a amené à faire médecine. Et doucement, je me dis que je n'ai pas fais tout ça pour rien, sans y croire vraiment je me remets à travailler, au début parce que je ne veux pas décevoir tout ceux qui m'ont soutenu jusque là, et il faut vraiment que je réagisse, la loque que je suis devenue n'est plus supportable pour personne. Et puis je me dis que peut être, les études de sage femme, un peu moins dures à obtenir me conviendraient. La deuxième année oui évidemment, mais revivre le même cauchemars... 

Posté par fanny_ol à 18:50 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

(suite)

Mars

J'aborde le deuxième semestre beaucoup plus détendue, je ne cherche plus à avoir ce foutu concours, je ne m'écoute plus, je suis un robot, je sors un peu plus souvent, j’attends que ça passe.

Arrivée jusqu'ici, il faut tenir jusqu'au bout, pour une fois, me confronter aux résultats, ne plus avoir peur de l'échec.

Avril

Dernier mois de cours, il m'a fallu tout ce temps, pour me remettre à travailler vraiment. Le semestre est très court, déjà les révisions. Un mois de travail à la maison que j'aborde le plus sereinement que je puisse. Je commence par un weekend end à Paris en famille, je change d'air.

Le mois passe très lentement ou bout, il y a les vacances, mais aussi trop vite, le travail à rattraper est énorme. Je ne pleure plus. Je me donne pour objectif d'en apprendre le plus possible et puis on verra. Qui sait j'aurais peut être le courage d'une deuxième année, ou un miracle? J'aurais peut-être sage femme

2 mai 2007

Concours, très dur, il faut vraiment tenir le coup jusqu'au bout!

3 mai 2007

17h ça y est en vacances. Il me faudra bien tout l’été pour le réaliser.

Je n'ai guerre le temps de souffler, ni l'envie, les réflexes de l'année sont durs à oublier. Je trouve des jobs pour me changer les idées.

Voilà rien de très rassurant, pas de quoi être fière. Mon année de P1, une année de p1 comme une autre.

Posté par fanny_ol à 19:00 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

les résultats

21 juin 2007 Gloups déjà!

Je me lève tôt ce matin, 7h00 le réveil sonne. Aujourd'hui je voulais absolument travailler, être occuper pour que le temps passe plus vite, mais je commence déjà à regretter! ca fait 2 jours que je ne cesse de regarder ma montre, je vais toutes les heures sur le site de la fac pour voir si les résultats ne sont pas tombés. Je travaille une petite heure au lycée ou je suis au secrétariat du bac. A 8h je suis déjà à la maison, je décide d'aller me recoucher, le temps passera peut être un peu plus vite...

11h je me réveille. Bien sous ma couette j'essaie de me mettre en situation. Comment vais-je réagir? Je n’ai pas beaucoup l'habitude de me prendre un échec en pleine face. Est ce qu’une fois dans l'année je parviendrais à retenir mes larmes? Je n'ai du mal à y croire! Pourtant je m'y suis préparé à ce dénouement, à ne pas l'avoir ce foutu concours!

11h30 Je décide enfin de me lever, sans entrein je descends dans la salle à manger. Je m'affale devant la télé.

J'irais à 14h30 on verra bien! Maman n'arrête pas de me jeter des regards en coins, inquiète. Surement se demande t-elle déjà comment elle va me consoler.

Elle ne comprend pas pourquoi je ne veux pas aller voir si les résultats ne sont pas sur internet! Moi non plus remarque, mais je ne veux pas! Sur l'écran c'est trop brutal!

Je repense à Tom qui la veille m'a demandé de prendre ça cool. Après tout je l'ai toujours dit " pour une pauvre ES qui le passe pour la première fois c'est normal de ne pas l'avoir" maintenant il ne suffit plus de le dire, il faut que je le pense vraiment!

Pourtant, il reste toujours un petit espoir tenace!       

14h20 Maman ne tient plus, elle a fini de corriger ses copies de bac.

15h les résultats ne sont toujours pas affichés mais déjà un grand nombre d'étudiants se pressent devant les marches, se mordant les lèvres d'angoisse. Beaucoup sont redoublants, c'est leur dernière chance, leur avenir se joue un peu cet après midi. L'année dernière ils étés tombés à midi, ils ont du retard...

Pour échapper un peu à l'ambiance morose, on va faire un petit tour, sous la pluie, dans les rues de Nantes. On échange des paroles sans grand intérêts, nos pensées sont ailleurs. Un jus de fruit. On essaie de rire de ce qui nous arrive les nerfs sont tendus: je n'ai pas eu de grigris cette année, je dois être l'une des seules, je n'ai comptée que sur la vitamine C et le vaccin contre la grippe. Mais aujourd'hui il ne me reste plus que ça! Quand on est montées dans la voiture, Maman s'est exclamée "Oh non regarde les cochons!" En effet une bande d'oiseaux s'étaient acharnées sur notre voiture! Alors pour détendre l'atmosphère j'ai déclarée "Ah c'est rien c'est un signe du destin" Sur le coup, ça nous a fait bien rire.

En reprenant le chemin de la fac, le temps d'une discutions, enfin d'un monologue j'ai recensé toutes les raisons qui feraient qu'à côté de mon nom serait marqué "refusé" comme pour me donner du courage, pour me dire que j'avais fait tout ce que je pouvais.

Il faisait, à présent un magnifique soleil.

16h Je n'avais plus le choix, il fallait de rendre devant le fait accomplit. A 100m la foule d'étudiants multipliée devant les portes me confirmait maintenant que les fameuses feuilles avaient étés collées.  Nous pressons le pas.

" Viens avec toi ou je reste là"  demande t-elle. " Heu tu restes pas loin" lui répondis-je. La cohue rendait l'accès impossible aux résultats, pourtant ça y est je veux savoir!

Je me faufile entre les jambes, ça y est j'y suis, plus que 50 cm, je peux maintenant lire. Mais dans quel sens sont ces feuilles? C'est par classement? Je commence par le début, par la fin? Ouf une petite place se libère. Il y a aussi un classement par ordre alphabétiques, encore un petit effort et je peux lire mon nom. On me repousse je l'ai perdu, je joue des coudes. Je le retrouve et en face " non classé". Bon, le silence se fait dans ma tête. Je ne réagis pas, pas de gorge nouée, c'est ce que je m'étais imaginée. Comme j'ai pu me rapprocher un peu plus, je re-regarde, je recompte les lignes une, deux, trois, mon nom, une, deux, trois, classée. Oula, loupé c'est quoi ça? Je recommence mais non c'est bien e qui est écrit!! Classé en face de mon nom!! Toute sonnée je ressors de la foule que se presse, mon cœur bat la chamade, je ne peux pas laisser éclater ma joie, je ne comprends plus très bien. En face maman, elle fait une drôle de tête "Maman, je crois que je l'ai dis-je toute abasourdie." Visiblement surprise "Non c'est pas vrai!" Elle me prend dans es bras l'espace d'un instant puis elle a disparu. Elle est partie vérifié, on vérifie chacune trois fois.

Coup de téléphone rapide à la maison Papa est tout ému, je l’entends à sa voix. En repartant, on coince le ticket du parking dans l'horodateur, un autre jour ça aurait été moins drôle mais là...

Je passe chez Thomas sur le chemin du retour, je ne peux m'empêcher de lui sauter dans les bras." ah ba c'était bien la peine de nous embêter autant avec ça!" me dit il un grand sourire aux lèvres. Venant de lui, je le prends bien, il faut le connaitre... C'était tellement surnaturel de venir lui annoncer à lui que cette année cauchemardesque, finissait finalement bien.

Voilà, puis les coups de téléphones, les larmes (de joies cette fois), un resto entre amis le même que celui ou on avait un an plus tôt fêté notre Bac, la fête de la musique. C'était comme si ce jour le plus long de l'année avait fait passé toute l'année d'un seul coup. Une seule petite "classé" effaçait à lui seule toute la mélancolie des 10 mois précédents.

Posté par fanny_ol à 19:22 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1