23 septembre 2007
le wei
Les week-end d’intégration sont communs.
Tout école à le sien. Bizutage, coutumes, cérémonies et beuveries en tous genres.
Mais le notre... il a quelque chose de particulier!!
Entrer en médecine… Des années de rêves, des heures de souffrances, des milliers de questions. Mais quand on y est tout va soudain si vite. Du jour au lendemain, nous ne sommes plus les mêmes. Nous réalisons que nous allons devenir ceux que l’on enviait tant, ceux que l’on admirait. Mais en réalité les heures de labeur la tête dans les bouquains ne nous ont pas réparées à assumer ce que nous somme en passe de devenir. Les responsabilités, le poids des jugements, l’intrusion dans la vie des gens, le pouvoir de vie et de mort, l’annonce de la condamnation à mort. Tout d’un coup ces études qui nous paressaient si longues, il y a quelques mois, nous semblent bien réticules. Dans cinq ans, dès maintenant même, nous devons assumer, assurer. Nos erreurs seront graves, nos émotions seront fortes, nos responsabilités écrasantes. Les autres, nos maîtres, nos paires seront précieux!
Il y a quelque chose de magique, obtenir ce laisser passer, c’est entrer dans un monde, un univers pleins d’histoires, de légendes, de coutumes qui vous happent. Un univers qui s’est construit dans l’intimité de ces gens qui vont toute leur vie partager les mêmes émotions et qui ne pourront se passer les uns des autres pour avancer, pour supporter, pour apprendre, pour se remettre ne question.
Là est, je pense, l’explication de cette ambiance si particulière qui accompagne les éudes de médecine.Ces fêtes dégantées, après les journées pleines d'émotions, cet humour un peu cru, pour dédramatiser, l'alcool pour oublier.
Voilà une petite entrevue de notre initiations aux coutumes carabines. Week end très agréable, plein de rencontres et de rires.
Dès le jour des choix, la couleur était annoncée. WEI (week end d’intégration prévu pour le premier week-end de septembre. Les responsables nous on déjà ciblés chacun à un costume qui lui correspond. 180 costumes différents , beaucoup d’imagination
Mercredi
Monopoly dans les rues de Nantes en tenue de stage, les gens sont un peu surpris mais plutôt généreux: bilan de l’après midi 2400 euros de récoltés. Heureusement ils ont une bonne image globale des médecins. D’ailleurs ceux qui ont bien été soignés donnait plus. C’est prouvé
la BITE brigade de 3eme année nous attend de pied ferme bien décidé a nous en faire voir de toutes les couleurs
Une fois tout le monde réunis, les groupes concurrents formés nous voilà partis pour un petit défilé dans les rues de Nantes ou les rares passants se demandaient un peu de quel carnaval il sagissait.

Puis départ en car vers brétignoles, jeux en tout genres ( mais je ne dévoilerais pas les secrets pour les prochains) et soirée de folie.
Le lendemain fut plus laborieux, mais je crois que nous sommes tous repartis pleins de bons souvenirs.
24 septembre 2007
vidéo
http://www.youtube.com/watch?v=YJpwxejzCd0 partie 2
http://www.youtube.com/watch?v=vome-FLD2Fo partie 1
Voilà un film réalisé par deux étudiants en toisième année l'année dernière. Je le trouve très représentatif vous me direz ce que vous en pensez.
26 septembre 2007
stage été ( suite)
premier contact avec la mort
J’appréhendais, quelque peu ce premier contact. En effet c’est bête à dire mais je n’avais jamais vu un cadavre. Ni enterrement, ni accident, tant mieux, mais quand on fait des études médicales un jour il faut s’y résoudre.
Cet homme ne dormait plus et ça se voyait. La blancheur des lumières du bloc opératoire ne suffisait pas à atténuer la couleur jaunâtre de son teint. Il n’avait pas encore pris cette teinte grise caractéristique à la mort, mais portait sur son corps dénudé tous les stigmates d’une atteinte hépatique, qui avait sans doute causée sa mort prématurée.
Une longue cicatrice séparait symétriquement thorax et abdomen. Son corps pourtant soigneusement reconstruit paraissait déformé. La cage thoracique était plus proéminente, le ventre plus creux. Il était vidé de ses organes. Plus de foie, de reins, de cœur qui trônaient désormais dans les glacières bleues qui jonchaient le sol.
Des infirmières s’afféraient machinalement autour du corps avec des gestes tellement répétés, sans laisser transparaître aucune émotion, que la scène semblait soudain naturelle, presque habituelle. La vie continuait autour de cet être inanimé.
La mort qui fait peur, la mort qui rend triste, la mort tabou, la mort à travers le regard des proches, je l’ai peu vu. Alors elle ne m’a pas troublée plus que ça, finalement.
tristesse
Je n’y ai pas été confrontée directement, dans le sens ou je n’ai pas vu les proches des victimes du bloc opératoire qui attendaient à l’extérieur, les nouvelles trop rares apportées par l’anesthésiste de garde.
J’en ai pourtant observées deux, et ce sont peut-être les moments les plus « durs » de mon stage.
Le premier, c’est l’annonce plus ou moins directe d’un chirurgien à un jeune homme, de sa paraplégie. Le chirurgien explique brièvement à l’homme qu’il a des vertèbres cassées et qu’il faut l’opérer. Ce dernier demande s’il pourra retrouver l’usage des ses jambes. La réponse est vague, il fond en larme, il a compris.
Le second, c’était dans les boxes des urgences. Ce soir là l’infirmière fait le tour des boxes dont elle est responsable et en profite pour me présenter les différents cas. Aucun des patients ne semble avoir une maladie encore bien définie, mais une personne suscite toutes les interrogations.
Elle est arrivée vaguement consciente, mais a à présent un Glasgow très faible (cela signifie en gros qu’elle s’enfonce dans le coma). Ce patient a des antécédents lourds.
Tout au long de la nuit l’équipe essayera de trouver la raison exacte de la dégradation de son état sans succès.
C’est la première fois que j’ été confrontée à la réaction des proches d’un patient dans un état grave.
« il ne dort plus pas vrai?» les larmes qu'elle retenait à grand peine depuis tant de temps ne purent s’empêcher de rouler sur son visage blême.
les dissections
Le bizutage continue. Après la première opération, le premier contact avec la mort, le week-end d’intégration, la première incision.
Ce matin là, les visages étaient crispés et dans les regards, on pouvait lire un mélange d’appréhension et de curiosité face à l’inconnu. Personne n’avait encore oser gravir les deux étages qui mènent au laboratoire d’anatomie. Les étudiants semblaient attendre que quelque chose se produise. Mais rien d’inhabituel n’arriva ce matin là. Le flot de P1 défilait inlassablement sur le trottoir, les plus vieux rentraient dans le hall d’un pas nonchalant après avoir écrasé celle qui serait là dernière cigarette de la matinée. La pluie tombait, le ciel était gris comme à l’accoutumée, à Nantes, les matins de septembre.
Plus que dix minutes, il allait s’y résoudre.
L’odeur qui inondait le couloir, semblait leur avoir ôté tout moyen de communication. Pendant que certains cherchaient à présent un moyen d’échapper à l’exercice, d’autre tentaient de se remémorer les cours d’anatomie qui à présent leur paraissaient bien loin, d’autres enfin essayaient d’imaginer l’allure de ceux qu’ils allaient rencontrer.
La porte s’ouvrit. Puis au fur et à mesure que l’assistant de
laboratoire égrainait les noms chacun entrera dans la pièce.
Elle était très sombre. De lourds rideaux noirs pendaient aux fenêtres.
L’architecture de la salle ressemblait étrangement à celle d’une salle de classe ordinaire mais qui aurait dépéri avec les années : à droite, un grand tableau d’ardoise recouvrait le mur, au fond une drôle de bibliothèque abritait de nombreux manuels et bibelots d’origine énigmatique.
Mais à la place des tables de cours, trônaient de larges tables noires en marbre. Sur chacune, une bâche noire ne laissait dépasser que les pieds et les mains de ce qui attirait maintenant toutes les attentions. Les membres étaient fripés et d’une blancheur, extrême. Aperçu qui ne laissait rien préjuger de très rassurant.
Tout le monde reçu l’ordre de s’habiller et de se répartir aux différents postes.
En moins d’une minute, la scène était posée:
Six cadavres : trois hommes, trois femmes, étaient découverts, leur nudité laissait apparaître des corps métamorphosés par la mort. Une mort qui avait frappé, il a plusieurs mois, des années peut être.
A présent, ils étaient là, grâce au pouvoir du formol, racornis, secs, raides, gris, glaciales. Seul leurs têtes échappaient à cet étalage, cachées dernière des turbans blancs qui ne permettaient de deviner que des formes.
On n'aperçoit, le plus souvent des vivants que l’on croise, que leurs têtes, le reste est caché sous les vêtements qui laissent au passant tout le soin d‘imaginer ce qu‘ils dissimulent. L’image qu’il me reste aujourd’hui, l’image qui me vient à l’esprit quand on parle d’un mort et l’inverse, celle d’un corps qui ne laisse rien supposer, surtout pas son état, surmontée d’une tête sans contours, qu’il ne vaut mieux pas tenter de se dessiner.
Quatre blouses blanches en herbe par cadavre autour des néons qui éclairaient chaque table et l’exercice commença. Chacun muni de son bistouri et de sa pince, commença à étudier le sujet. D’abord avec beaucoup de précautions, de réserves puis avec de plus en plus d’assurance. D’abord sans y mettre les doigts, puis un première effleurement, une sensation glacée, puis tous les doigts, pour maintenir la peau. Très concentrés, minutieux et absorbés par la recherche de multiples structures anatomiques, les étudiants en avaient presque déjà oubliés le contexte.
Ce n’est qu’environ une heure après la première incision, que les esprits se dissipèrent. Les muscles maintenant bien atteints commençaient à ressembler à des charognes déchiquetées. L’odeur se fesait plus forte maintenant que les corps se réchauffaient et le formol qui coulait des nombreuses veines malenconteusement sectionnées, par les scalpel non expérimentés, brûlait les yeux.
L’annonce de la fin de séance ravit tout le monde, qui non sans s’être lavé les mains, au moins trois fois, quitta la salle sans traîner. L’odeur elle ne partit pas si vite de leur narines.
La matinée du lendemain, fut encore plus laborieuse. La curiosité passée, il ne restait plus que le dégoût de retrouver ces cadavres à moitiés entamés. L’odeur était devenue encore plus insoutenable, la nuit passée hors du « frigo » avait permis à l’odeur de mort de supplanter celle du formol.
Ils étaient à présent sur le ventre. Le nôtre, comme si cela ne suffisait pas, paraissait « moins mort » de ce côté. La peau était plus souple, il y avait encore du sang dans ses muscles. L’espace d’un instant je me suis surprise à imaginer qu’il puisse bouger.
Malgré la description un peu glauque que j’en fais, je n’ai pas été choquée, ni profondément dégoûtée par ces dissections. Une fois la surprise passée on se fait assez bien au contexte comme je l’explique.
Mais l’odeur c’est vrai est tenace.
En revanche, j’ai quand même dû être un peu marquée par ça parce que ça fait une semaine que la mort hante mes rêve. Je ne revois pas les dissections, mais je fais des rapprochements entre ce qui se passe le jour avec mes proches et la mort et ça c’est davantage troublant! Voilà je pense que j’ai la chance d’avoir pu réaliser cette expérience unique, qui n’est pas donnée à tout le monde (enfin tout le monde n’en veut pas non plus), et elle fut très enrichissante anatomiquement parlant.













